Comment choisir le premier projet d’intelligence artificielle d’une institution publique ?
· BEXTIO
Le premier projet IA d’une institution joue un rôle disproportionné.
S’il est trop vaste, trop risqué ou mal mesuré, il peut consommer beaucoup d’énergie sans produire de preuve.
S’il est trop trivial, il n’enseigne presque rien.
Le bon premier projet se situe entre les deux.
BEXTIO recommande de commencer par un problème suffisamment important pour intéresser les utilisateurs, mais assez circonscrit pour être testé en quelques semaines.
L’objectif n’est pas de « déployer l’IA » ; il est de vérifier si un usage précis améliore réellement un processus précis.
Sept questions permettent de filtrer les candidats.
Premièrement : le problème est-il clairement décrit ? « Nous voulons de l’IA » n’est pas un problème. « Nos équipes passent plusieurs heures à retrouver les bonnes procédures dans un corpus dispersé » en est un.
Deuxièmement : peut-on mesurer la situation actuelle ?
Sans baseline, il sera difficile de démontrer un progrès.
Troisièmement : les données ou documents nécessaires existent-ils et peuvent-ils être utilisés légalement et opérationnellement dans le périmètre choisi ?
Quatrièmement : les utilisateurs sont-ils identifiés ?
Un projet sans utilisateurs engagés devient vite une démonstration déconnectée du travail réel.
Cinquièmement : le risque est-il maîtrisable ?
Pour un premier projet, il est souvent préférable d’éviter une autonomie élevée ou une décision ayant un impact direct sur des personnes.
Sixièmement : peut-on conserver une validation humaine claire ?
Les premières expérimentations doivent permettre de comparer facilement la sortie de l’IA avec le jugement d’un agent compétent.
Septièmement : une décision est-elle prévue à la fin ?
Le pilote doit conduire à une conclusion : arrêter, corriger, prolonger, étendre ou préparer un déploiement.
Une grille simple peut noter chaque cas d’usage selon la valeur, la faisabilité, les données, le risque, l’adoption, la mesurabilité et le délai nécessaire pour obtenir une preuve.
Dans de nombreux cas, la recherche documentaire, la synthèse de dossiers, la préparation de réunions ou l’assistance à un workflow interne constituent de bons candidats parce qu’ils permettent de tester l’utilité sans transférer trop tôt une responsabilité importante à la technologie.
Le premier projet doit surtout construire une capacité : apprendre à cadrer, tester, documenter, gouverner et décider.